Journée de la femme africaine

Une journée marquée d’une pierre blanche à Vogan

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L’ONG La Colombe, en partenariat avec Carrefour International et ONU Femmes ont tenu mercredi 31 juillet 2013, à célébrer la journée de la femme africaine de la plus belle des manières. Journée dont le thème est : Mettons fin aux violences à l’égard des femmes et des filles. Elles ont aidé un groupe de quatorze jeunes de Vogan ainsi que des stagiaires de Québec Sans Frontières (QSF) à concevoir et à présenter un spectacle de théâtre forum sur le thème dans la préfecture de Vo.

16h 30. Salle de spectacle de la maire de Vogan. Debout, le public admiratif, ovationne sans relâche les comédiens du spectacle de sensibilisation sur les discriminations et les violences basées sur le genre dans la préfecture de Vo. «C’est très professionnel. Je ne m’y attendais pas. C’est vraiment bien fait. Tout y est !», s’exclame émue, une spectatrice invitée au spectacle en cette journée si spéciale à la femme africaine. «C’est très drôle mais en même temps très sérieux », renchérit une autre, le regard plein d’admiration. Le spectacle raconte en effet, l’histoire d’un mari violent, un homme superpuissant et qui n’hésite pas humilier sa femme en la couvrant d’injures et de bastonnades. Lorsque cette dernière accouche pour la deuxième fois d’une fille, elle est définitivement ignorée. Elle accepte malgré elle, la collaboration d’une jeune coépouse qui elle, a toutes les attentions câlines ainsi que les faveurs financières de l’homme. Lorsqu’un jour, ce dernier donne l’argent de la popote à sa nouvelle épouse sous les yeux de la première, celle-ci ne se fait pas prier. Elle se dirige vers celui qu’elle appelle malgré tout, «chéri» et réclame sa part. Mais cette audace, elle la paie cash. Elle est battue et renvoyée de la maison avec ses deux filles. Elle aura pleuré toutes les larmes de son corps et imploré en vain la clémence de son «chéri», mais rien n’y fait. Le mari est resté droit dans ses bottes. Un voisin a finalement alerté la police sur la violence récurrente qu’exerce le monsieur sur son épouse. Des policiers débarquent dans la maison conjugale et le conduisent au poste. Il sera plus tard condamné à trois mois de prison ferme par la justice. Les années passent et la femme rejetée est demeurée persévérante et déterminée. Elle élève et scolarise seule ses filles en menant de petites activités génératrices de revenus. Un jour, alors que le mari calé dans son fauteuil au salon, regardait le vingt-heures, il voit apparaître sur le petit écran l’une de ses filles qu’on venait fraîchement de nommer Ministre de la République. Elle délivrait ainsi son premier discours officiel. Il n’en revient pas. Il échange avec son épouse et lui suggère qu’il a l’intention de reprendre contact avec celle qui subitement, est redevenue sa « fille ». Et ce n’est pas le point de vue sceptique de cette dernière qui le retiendra. Le dernier acte de la scène montre la jeune femme ministre qui rend visite à sa mère et qui lui raconte les rapprochements établis par son père. Sa mère choquée et dégoutée ne souhaite en aucun cas voir sa fille renouer les liens avec un père qu’elle qualifie d’arriviste et d’indigne. C’est sans doute le philosophe Allemand, Sigmund Freud, qui traduit le mieux l’attitude de la Ministre : « Chez la fille, il n’est pas de désir plus grand que celui de protection par le père ». La jeune dame réussit à convaincre sa mère de lui permettre d’accepter de renouer le contact avec son père.

Entrecoupé par des contes, des poèmes à la gloire de la femme africaine ainsi que des chants et danses exécutés de main de maître, le spectacle a tenu en haleine les nombreux spectateurs ne voulant se faire compter l’événement. «C’est vraiment exceptionnel. J’ai beaucoup aimé. C’est une histoire vraie que vivent nos mamans. Une histoire déclinée avec finesse par des artistes de chez nous et ceux venus du Canada », déclare un spectateur émerveillé. «Pour moi, c’est la meilleure pièce de théâtre que j’ai jamais vue. C’était beau. Je parie que ça va aider à une prise de conscience des souffrances quotidiennes de la femme», se réjouit une spectatrice, l’air convaincue de l’effet positif que ce spectacle aura sur les populations surtout s’il est reproduit, comme prévu, un peu partout dans la Préfecture de Vo. La coordinatrice de l’ONG La Colombe, Mme Thérèse AKAKPO quant à elle, n’avait pas de mots. « J’ai été très émue, très très émue… Il y a vraiment des talents à Vogan. Ce n’est pas seulement dans la capitale ! Ce spectacle restera à jamais gravé dans les mémoires, j’en suis convaincue », déclare-t-elle l’air profondément enthousiaste. Elle insiste par la suite sur la communication dans le ménage : «Il faut communiquer. Il faut absolument communiquer… Si le monsieur dit qu’il ne veut rien entendre, il faut attendre le moment opportun… Et les femmes, vous connaissez toutes autant que vous êtes, le moment opportun. N’est-ce pas ? » La réponse de la salle tout excitée et joyeuse, traduit bien que le message est passé.

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