Ce qu’il faut retenir sur les groupes d’épargne

Ce jeudi 16 novembre 2017, l’ONG La Colombe a réuni 45 membres de ses groupements de Vogan et alentours pour une présentation sur les groupes d’épargne et atelier de travail sur les plans d’affaires et projets à financer.

Cela fait maintenant plus de 5 ans que La Colombe forme des entrepreneurs dans le domaine agro-écologique. L’organisation togolaise se fait un devoir de continuer à suivre les 300 jeunes formés depuis 2012. Toutefois ce n’est pas toujours chose facile. Si les jeunes ont été formé à Vogan, la majeure partie a pris la clé des champs. Une expression qui porte à confusion dans ce contexte…
 

En effet, une fois formés, les jeunes continuent d’aller chercher leur avenir dans les villes. La plupart quitte la petite ville de Vogan pour « aller se chercher » à Lomé. Les raisons de cette fuite sont multiples. La recherche d’un gain salarial plus facile et plus rapide et l’accès au financement pour commencer un projet porteur sont souvent les raisons évoquées.
 

Corell Kpomalégni, conseillère en financement et Djima Salawou, conseiller en entreprenariat jeunesse, tous deux volontaires de l’organisation canadienne Carrefour international ont fait un suivi avec les anciens bénéficiaires de La Colombe pour savoir où ils en sont. Les deux conseillers ont donner quelques conseils aux groupements sur une meilleure gestion de leurs épargnes. Le but de cette rencontre était principalement de savoir les besoins à court et moyen termes des bénéficiaires qui restent. Ce afin d’établir une liste de priorité pour le Fonds d’Initiative Communautaire (FIC). La Colombe est en pleine campagne de financement pour un fonds qui va permettre aux femmes et jeunes entrepreneurs de bénéficier d’un emprunt à taux réduit pour des activités liées à l’artisanat, l’agro-écologie, la production et la transformation des produits agricoles.
 

Gratien Akpoto, prestataire de services privé (PSP) pour la méthodologie CECI (OCDI/Caritas Aného), a été convié à cette présentation pour parler de l’importance d’un agent de terrain dans un groupe d’épargne. Pour ce technicien, la présence d’un agent permet la durabilité du groupe, de même que son autoévaluation.

Le président des CECI d’Aného raconte dans une anecdote, l’histoire d’un agriculteur qui voulait emprunter 35 000 FCFA mais a été dénoncé par sa seconde épouse. L’homme en question voulait le prêt pour faire un troisième mariage. Son besoin réel était de 15 000 FCFA. Les 20 000 de plus étaient simplement pour la dot. D’où l’importance de connaître les membres de son groupement afin d’éviter que d’autres payent pour les erreurs de certains.
 

Pour M. Akpoto, également président des 243 CECI du diocèse d’Aného, dont les 8742 membres et 20 agents ont réussi à générer un demi milliard de FCFA cette année, la clé du succès est l’épargne minimum. Pour lui avoir un agent permet aussi la durabilité du groupe qui peut ainsi tenir jusqu’à la fin du cycle, afin que même s’il y a des décès ou démissions, la pérennité du groupe demeure.

 

Si les participants ont l’air de bien connaitre les mécanismes des groupes d’épargne, Mme Kpomalégni a rappelé l’importance de rafraichir la mémoire des membres du groupe sur des éléments clés de réussite d’un groupe d’épargne.

Vous devez toujours considérer les éléments suivants dans votre groupement : les statuts, les pénalités de retards, le montant à cotiser, la présence aux réunions. Bref, tout ce qui est relatif au secrétaire et au trésorier. Il est important que ceux-ci sachent lire et écrire, qu’ils aient un certain niveau d’instruction.

Corell Kpomalégni, Conseillère en financement, Carrefour International – La Colombe

 

Djima Salawou a quant à lui souligné que le groupe tout seul ne peut éviter ce type de conflit. Il est plus que bénéfique d’avoir un agent qui peut non seulement jouer le rôle de médiateur mais aussi rappeler à l’ordre quand il le faut.

Une des participantes exprime son intérêt pour les tontines solidaires. Pour elle, ce type de financement est très bien et permet de les aider dans les cas où elles sont le plus démunies comme pour payer l’écolage de leurs enfants. De plus, le montant à payer n’étant pas fixe, les membres peuvent donc donner ce qu’ils ont dépendamment de leur budget.

 

Mme Kpomalégni a insisté sur l’accompagnement par un agent afin d’éviter des difficultés inutiles. Elle a conclu en soulignant au groupe l’importance d’être avec des gens qu’on connait, de se mettre ensemble par affinités. Elle a fait part au public de la réflexion sur la création dans un avenir proche d’un statut social bien défini pour les groupements et tontines au Togo.
 

Voir aussi: Notre campagne de financement communautaire – FIC 2017

 

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